Légendes des Echecs - Napoléon Bonaparte

De manière à familiariser les plus jeunes avec les meilleurs moments de l'Histoire échiquéenne, MatPat publiera périodiquement des récits d'événements et anecdotes ayant marqué le Roi des Jeux. Aujourd'hui, nous nous attachons à l'ancêtre de Fritz et de Rybka - le premier ordinateur d'Echecs!

Il s'agissait d'un automate - créé en 1770 par Johann Wolfgang von Kempelen. Il se présentait comme une sorte de meuble ampli d'un jeu complexe de poulies et d'engrenages, surmonté d'un mannequin articulé. Ce mannequin apparaissait apte à disputer des parties d'Echecs - et à les remporter de manière brillante. L'automate fut exhibé des années durant à travers toute l'Europe, et jusqu'aux Etats-Unis. Il fut détruit dans un incendie en 1854.

En réalité, cette machine ne disposait pas de 150 ans d'avance technologique sur son temps. Elle reposait en fait sur une illusion - un jeu de miroirs permettant de masquer l'existence d'un compartiment secret du meuble, apte à accueillir un joueur humain. Une combinaison élaborée d'aimants et de ressorts permettait à ce joueur de recevoir les coups joués et d'activer le mannequin. Quoi qu'il en soit, l'automate joua contre des sommités de son temps - telles Benjamin Franklin, Catherine II de Russie - et, par une journée de 1809 à Schoenbrunn, près de Vienne, Napoléon Bonaparte.

Napoléon - qui menait alors la Campagne qui devait mener à la victoire de Wagram - était peut-être alors au summum de son génie militaire, mais peut-être pas échiquéen. Il adorait les Echecs - mais, s'il était en mesure de battre régulièrement une suivante de Joséphine, Mme de Rémusat, il n'en avait pas moins un style maladroit, consistant à précipiter ses pièces vers le Roi adverse, en négligeant toute défense. Il visait généralement des mats spectaculaires issus de gambits désordonnés, ce qui évidemment ne pouvait aboutir face à un bon joueur. Napoléon compensait ces faiblesses par une certaine propension à la tricherie et à la mauvaise foi. Néanmoins, il n'échappa pas à la défaite face à l'Automate (en l'occurrence manipulé par un certain Johann Allgaier). Voici le PGN de cette partie, qui est l'une des rares de l'Empereur qui nous soit parvenue notée:

1. e4 e5 2. Qf3 Nc6 3. Bc4 Nf6 4. Ne2 Bc5 5. a3 d6 6. O-O Bg4 7. Qd3 Nh5 8. h3 Bxe2 9. Qxe2 Nf4 10. Qe1 Nd4 11. Bb3 Nxh3+ 12. Kh2 Qh4 13. g3 Nf3+ 14. Kg2 Nxe1+ 15. Rxe1 Qg4 16. d3 Bxf2 17. Rh1 Qxg3+ 18. Kf1 Bd4 19. Ke2 Qg2+ 20. Kd1 Qxh1+ 21. Kd2 Qg2+ 22. Ke1 Ng1 23. Nc3 Bxc3+ 24. bxc3 Qe2# 0-1

N'hésitez pas à visualiser cette partie dans le lecteur PGN de la page d'accueil MatPat. (Il suffit de copier-coller le texte ci-dessus)!